English version . .
 
 
.
 
 
Presse
 
Livre
Adhérents
Inscription
Contact

LE POINT- EDITION AFFAIRES, N°1564 du 6 septembre 2002

Trois questions à … Tita Zeïtoun

PDG DE BOISSIERE EXPERTISE AUDIT ET PRESIDENTE DE L’ASSOCIATION ACTION DE FEMME


Le Point : L’Allemagne est-elle le bon élève de l’Europe pour la place des femmes dans les conseils d’administration ?

Tita Zeïtoun : Non. Je crois que l’exemple de Bertelsmann est isolé. Les Allemandes qui travaillent ont encore moins d’avantages que les Françaises pour faire garder leurs enfants. L’Angleterre, l’Allemagne et la France se partagent la même mauvaise palme d’or. En Espagne, il y a un léger mieux, mais les femmes ne dépassent pas 10 %. C’est au Canada qu’elles sont les plus nombreuses.

Le Point : Quelle est la situation en France ?

Tita Zeïtoun : Entre 1997 et 2000, les femmes sont passées de 3,2 à 5,4 % des places dans les conseils d’administration du CAC 40. Cette avancée reste très marginale. Ce sont souvent des entreprises familiales ou des héritages, comme Mme Bettencourt pour L’Oréal. En revanche, quand on tient une femme, on l’attrape et on la place partout, comme Isabelle Bouillot, que l’on retrouve à La Poste, à Saint Gobain et chez Accor. Même chose pour Anne Lauvergeon, qui est membre des conseils de Suez, Sagem, Pechiney et Total Fina Elf. Et puis il y a des reculs : par exemple, le mise à l’écart de Michèle Cotta à France Télévision.

Le Point : Attendez-vous une évolution des mentalités dans les années à venir ?

Tita Zeïtoun : Cela prendra du temps. Les femmes doivent s’imposer par leur compétence professionnelle. Si on prend le cas de la BNP, Michel Pébereau a adhéré à mon association. C’est un pas en avant. On peut supposer que, si l’occasion se présente, il pensera à nommer une femme. Ce qui pourrait changer les choses serait que l’on décide de l’entrée d’administrateurs indépendants. A ce moment-là, on pourrait peut-être imposer des femmes. J’avais évoqué cette possibilité il y a un an et demi avec Laurent Fabius, lorsqu’il était ministre de l’Economie.

Propos recueillis par
Etienne Gernelle

 
Accueil | Information légales