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lundi 11 avril 1999, après un mois d'atermoiements, de vote,
de rupture, de promesses, de manque de coordination, Tita A. Zeïtoun
a remis en cause la place de " Tête de Liste " que
les femmes de l'association "voix des femmes", lui ont
offerte le 15 mars dernier. Elle était très honorée,
elle ne s'y attendait pas. Évidemment celle qui s'y attendait
a démissionné. Et puis très vite, elle constate
que la structure des fondatrices de la liste n'était pas
à la hauteur de l'enjeu. Ces femmes n'étaient pas
construites pour gérer une entreprise telle que les Européennes,
au demeurant à portée d'espoir. Les commentaires soit
reçus directement, soit rapportés étaient acerbes,
désabusés. Les femmes n'ont rien à envier aux
hommes : les tractations souterraines, perfides n'ont pas de secret
pour elles. Et ce parisianisme exacerbé ou arsenic et petits
fours font bon ménage : quelle erreur ! Le côté
positif de ce petit mois "tout en haut de l'affiche" fut
la rencontre avec des femmes de province, qui ont su se donner les
moyens de faire dans leur région de la politique, qui ont
la rage au ventre, et qui sont confrontées, bien davantage
que dans Paris indifférent, aux réalités de
la vie quotidienne. Certes là également, que d'ambition
pour cette deuxième place qui leur était attribuée.
Le gâteau était excellent... mais bien trop petit.
La jalousie féminine est bien moins feutrée que la
jalousie masculine. Trop peu de femmes se sont frottées à
la politique, au pouvoir et un grand nombre n'ont pas encore compris
que pour réussir il faut mettre ses ambitions personnelles
sous son mouchoir, œuvrer vers le but à atteindre, réussir
par ses compétences techniques, morales et sociales. La Liste
n'a pas été déposée. Un grand dommage,
car dans la société civile il y a des femmes de valeur,
des femmes capables, des femmes prêtes à se dévouer,
des femmes qui savent se rendre disponibles pour s'engager dans
un mouvement d'idées plurielles.
Mais ces femmes ont l'intelligence d'avoir compris qu'elles n'ont
pas de temps à perdre à refaire le monde avec des
femmes après avoir eu tant de mal à apprendre à
le faire avec les hommes.