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Articles de presse
Les femmes quadras - La Tribune du 22 janvier 2008 - écrit par Sylvana Adami
Donner à sa carrière un second souffle quand on est une femme quadra ou quinqua relève souvent du parcours du combattant. Des réseaux se mobilisent pour franchir cette double discrimination.
Dynamique, déterminée, expérimentée, parcours solide, Gisèle Payot a tout pour plaire aux recruteurs. Trilingue anglais-allemand, elle a exercé pendant de nombreuses années le poste de responsable marketing au sein d'une grande banque. Pourtant, impossible de décrocher un CDI. Depuis qu'elle a été licenciée il y a quatre ans, Gisèle navigue de CDD en CDD, sans jamais aucune perspective de contrat à long terme.
Où est le problème ? Gisèle a 50 ans. " Avec mon CV et mon expérience de plus de vingt ans dans le marketing et la vente, les entreprises n'hésitent pas à me confier des missions. Mais ça s'arrête là. Dès qu'il s'agit de m'engager à long terme, plus personne n'est intéressé. "
EXCLUSION
Jugées trop âgées, pas assez flexibles, trop chères, les femmes quinqua, et même quadra, sont de plus en plus nombreuses à se retrouver sur le carreau. Dans une société qui croule sous le poids des apparences, le jeunisme n'a jamais fait autant de ravages. Aujourd'hui, dès 40 ans, une perte d'emploi peut vite tourner à l'exclusion.
" Il faudrait à 30 ans avoir quinze ans d'expérience et ensuite avoir 35 ans toute sa vie ! " ironise Véronique Morali, présidente de Fimalac et fondatrice de l'association Force Femmes qui accompagne les recalées de l'emploi de 45 ans et plus.
En proie à une double discrimination, du sexe et de l'âge, les femmes de plus de 40 ans ont beaucoup de mal à retrouver un emploi ou même à créer une entreprise. Le bilan de l'association Force Femmes le confirme : sur 2.500 femmes accompagnées depuis sa création il y a deux ans, seules 250 ont retrouvé un emploi et 50 ont été accompagnées dans la création d'entreprise.
" "C'est une lubie, ça va lui passer", je m'entendais dire au début lorsque j'ai eu l'idée de monter mon entreprise. J'ai même eu droit à des commentaires carrément machistes du type : "Il ne manquait plus que ça, que les femmes se mettent à faire des affaires"", confie Farida Belal, 43 ans, qui, pour ne pas se heurter à la rigidité du marché de l'emploi, a décidé après son licenciement de créer sa propre entreprise. " Le plus important est de se laisser guider par ses rêves ", assure-t-elle.
L'idée de son entreprise lui est venue en découvrant lors d'un voyage dans son village en Algérie une usine de produits d'accueil pour les hôtels. " J'ai eu envie de créer mon emploi dans ce secteur, avec la volonté de faire en même temps travailler les gens du Maghreb. Une façon de conjuguer l'économique et l'éthique. " Mais aussi d'aborder autrement une nouvelle activité, sans doute en lui donnant un autre sens.
Décidée à se lancer, cette dernière a sollicité l'aide de l'association Force Femmes, qui l'a accompagnée dans son business plan. Une fois son prêt accordé, la société Aterkia de produits d'accueil, fabriqués au Maroc, a vu le jour.
" Je ne peux me résoudre à l'idée qu'à 45 ans on est vieux, alors qu'on n'est qu'à la moitié d'un parcours professionnel de quarante ans en moyenne et qu'on a encore tant à apporter aux entreprises, s'insurge Véronique Morali, qui a 49 ans et une carrière bien remplie. C'est un âge où les femmes sont en pleine possession de leurs facultés intellectuelles, où elles ont de l'expérience, de la maturité et éventuellement une plus grande disponibilité car leurs enfants ont grandi. "
LA QUARANTAINE,SOUVENT UN DECLIC
Autant dire un vrai potentiel qui mérite de trouver preneur ! Le tout est de donner envie, de rassurer son futur employeur, en montrant que l'on est resté ouvert d'esprit. C'est précisément ce qu'a fait Pascale Noyère, pour qui la quarantaine a été le moment du déclic. " À 43 ans, lorsque mon fils a eu son bac, j'ai senti une pressante envie de me confronter à nouveau au marché du travail, je l'ai pris comme un défi personnel. " Cela faisait vingt ans que cette femme cadre était dans la même entreprise au même poste, et elle aurait pu y passer le reste de sa vie. " J'ai voulu tenter l'aventure d'une seconde vie professionnelle. Je me suis "actualisée", j'ai suivi de nombreuses formations et j'ai trouvé. Aujourd'hui, à 47 ans, je viens d'être embauchée comme responsable comptable au sein de l'agence photo Photononstop. Une renaissance pour moi. "
L'essentiel est donc de ne pas prêter l'oreille à tous ceux qui affirment qu'au-delà d'un certain âge ce n'est pas la peine et qu'on ne retrouvera pas de travail. Heureusement, certaines entreprises aiment mélanger les personnalités, les expériences professionnelles et les âges.
Les réseaux de pouvoir et d'influence se conjuguent désormais au féminin. Entre 2002 et 2007, plus d'une vingtaine de réseaux de femmes cadres ont vu le jour : réseaux de diplômées (Grandes Écoles au féminin), réseaux d'entreprises (Femmes chefs d'entreprise), réseaux sectoriels (InterElles dans la technologie), réseaux internationaux (Professional Women's Network), associations pour l'emploi (Force Femmes), les femmes managers ont même leur Davos avec le " Women's Forum ". Une façon pour elles de maximiser leurs chances.
SILVANA ADAMI


Inspectrice générale des affaires sociales
Cette photo de femme devant le président iranien, lui faisant un doigt d'honneur est tellement ahurissante que l'on peut se poser la question de savoir si c'est de l'info ou de l'intox....Si c'est de l'info, nous ne pouvons que nous incliner devant le courage de cette femme dont les jours devraient être comptés.....